Embalò à Alpha Condé: « je ne suis pas d’accord avec lui mais je ne peux accepter un putsch»

Malgré les divergences entre Umaru Sissoco Embalò et Alpha Condé du point de vu politique institutionnelle, le président bissau-guinéen dit être contre les coups d’État militaires. Renversé le 05 septembre dernier, l’ancien président déchu est toujours détenu dans un lieu secret par le président de la transition.

Tout de même, Embalò n’a pas condamné le putsch qui a mis fin au régime d’Alpha Condé. Malgré l’âge avancé du président déchu, le chef de l’État bissau-guinéen estime que cela n’a pas joué en sa faveur. Puisqu’il s’est fait trop d’ennemies. « Malgré qu’Alpha et moi, on ne s’aime pas, mais je ne peux pas soutenir un putsch. Il n’y a pas un putsch nécessaire. Bien qu’Alpha Condé a déjà 95 ans, la manière dont il a conduit le pays, les divisions ethniques qu’il a fait là-bas, ça ne peut pas me donner le plaisir de soutenir un putsch. Moi, j’ai laissé les camps, j’ai changé mon uniforme militaire du général pour venir être civile. Le putsch est démodé. De fois, il ne faut pas juger la réaction, mais la provocation. Le président Alpha, son âge n’a pas joué en sa faveur et son tempérament aussi. Il avait fait trop des ennemies » a martelé le président Embalò chez nos confrères de RFI.

A la question de savoir quel rapport, il a avec les officiers de l’armée qui ont pris les pouvoirs en Guinée et au Mali à savoir Mamadi Doumbouya et Assimi Goïta, le chef de l’État bissau-guinéen répond. « Doumbouya, nous avons même parlé avant-hier (jeudi nrdl). Aujourd’hui, Doumbouya et Goïta sont des chefs d’États. Ça, c’est une question de principe. On ne peut pas se mêler à un coup d’État. Conakry est exclu aujourd’hui de la CEDEAO. Le commerce s’exerce entre nos deux pays. Je dois me rendre à Conakry incessamment. Le président de la Sierra Leone a été là-bas. Nous sommes des voisins » a-t-il rappelé.

Si plusieurs chefs d’États tels que Dennis Sassou Nguesso et Erdogan souhaitent accueillir Alpha Condé, les nouvelles autorités du pays restent toujours droits dans leurs bottes pour le maintien de Alpha. « Il doit rester en Guinée« . Mais Embalò souhaite être médiateur afin que celui-ci soit libéré à cause de son âge avancé. « Le président Dennis Sassou Nguesso du Congo est parmi les premiers à dire qu’il peut le prendre. C’est un ami de longue date d’Alpha Condé. Beaucoup des chefs d’États m’ont appelé. Le président Erdogan m’a appelé. Je ne connaissais pas Doumbouya. J’ai cherché son numéro et je lui ai dit mon frère, il faut tenir en considération l’âge d’Alpha Condé. Maintenant, c’est Alpha Condé qui sait où il veut aller avec les nouvelles autorités et le président Erdogan aussi. Erdogan m’a dit qu’il pouvait le prendre parce que c’est son ami, pour voir son médecin. Puisqu’il a son médecin là-bas. Moi, je ne fais que transmettre. Je n’ai jamais vu triste Erdogan et Dennis Sassou Nguesso lorsqu’il y a eu ce coup d’État » a-t-il conclu.

Amadou Bayo Kanté

 

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