Dakar-Formation-CPI : « L’idée n’était pas de vous transformer en promoteurs de la CPI… », précise l’Ambassadeur des Pays-Bas, Theo Peters basé à Dakar mais aussi accrédité en Guinée

Durant la session de formation des journalistes de la sous-Région (Guinée, Mali, Côte D’Ivoire, Sénégal) tenue à Dakar au mois d’octobre sur la Justice Pénale Internationale en général et la Cour Pénale Internationale (CPI) en particulier, l’Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas basé à Dakar, son excellence Théo Peters a bien voulu se prêter aux questions de l’équipe guinéenne à cette formation dont nous vous livrons le contenu. Lisez !

Africatribune.net : des journalistes de la sous-région se sont réunis à Dakar du 16 au 20 octobre 2017 pour suivre une session de formation sur la Justice Pénale Internationale, qui est d’ailleurs initiée par votre Ambassade en partenariat avec l’Ong « TrustAfrica ». Pourquoi  donc organiser une telle formation à l’intention des journalistes de la Sous-Région ?

Théo Peters : « Merci pour cette question. Pour nous les Pays-Bas, la Justice Pénale Internationale (JPI) et l’ordre juridique international,  sont des choses qui sont très importantes pour nous. On les a même dans notre constitution,  la promotion de l’ordre juridique international, donc bien sûr dans ce cadre là, la Justice Pénale Internationale,  c’est un élément très important et en plus comme vous le savez,  nous sommes aussi l’hôte d’une Cour Pénale Internationale à la Haye. On a constaté avec le ministre des gardes du sceau sénégalais,  le ministre Sidiki Kaba,  qui est en même temps aussi le président de l’Assemblée des Etats parti du statut de Rome, qu’il y a beaucoup de mal entendus en Afrique par rapport à cette Justice Pénale Internationale et aussi par rapport aux rôles de la CPI.  Donc on a cru que peut être c’est une bonne idée si on organisait un cours pour mieux informer les journalistes d’Afrique pour qu’ils puissent rapporter plus correctement  on peut dire sur ce sujet,  c’est-à-dire la justice internationale et le rôle de la CPI ».

Est-ce que c’est une politique pour vous de préparer les journalistes à donner une bonne image de la Cour Pénale Internationale ?

« Je vois que chacun a son rôle à jouer. L’idée n’était pas de vous transformer en  promoteurs de la CPI,  chacun a son propre rôle à jouer.  Mais bien sûr je crois que les journalistes ont une grande responsabilité  d’informer la population et d’être capables de donner des points de vue, de faire des interprétations et des analyses par rapport à ce sujet.  Donc, c’est pour vous faciliter, pour vous informer, pour mieux vous indiquer dans le traitement de vos articles sur ce sujet qu’on a organisé  cette formation.

Pourquoi avoir associé des journalistes guinéens à cette formation ?

Bien sûr, on a préparé ce cours en collaboration avec TrustArica, une ONG qui travaille sur le sujet. Au début, on a voulu organisé un cours ici pour les journalistes au Sénégal, mais Trustafrica nous a recommandé aussi d’inclure des journalistes d’autres pays, des pays qui ont des situations devant la cour comme le Mali, la Cote D’ivoire et aussi la Guinée.

Durant la semaine de la formation,  vous avez effectué un voyage  en Guinée où vous aviez rencontré les autorités du pays, précisément le nouveau ministre des Affaires Etrangères, le ministre des travaux publics et le ministre Secrétaire Général à la présidence,  Kiridi Bangoura. De quoi aviez-vous parlé ?

« Exactement,  ce sont ces trois (3) ministres que j’ai rencontré. Je me suis déplacé pour aller en Guinée parce que bien sûr notre relation avec la Guinée est importante.  Nous étions là avec vous pendant l’épidémie d’Ebola, pendant la crise et notre ministre de la coopération au développement a dit immédiatement, on va rester aussi avec la Guinée après la crise car la Guinée a besoin du soutien aussi des autres pays après la crise, donc c’est dans ce cadre que j’ai été en Guinée. On a signé un accord de don pour financer une étude afin de renforcer votre centre de formation de promotion d’horticulture à Dalaba. Comme vous le savez,  nous les néerlandais, nous sommes le deuxième plus grand exportateur des produits agricoles dans le monde, donc on a des expertises sur le sujet là et nous voulons mettre cette expertise à la disposition de votre centre d’horticulture aussi surtout dans la filière de la pomme de terre, mais c’est pas seulement le projet là, en fait,  on a parlé d’autres projets aussi,  par exemple dans l’iles de Kabak. Il y a un grand problème avec les brèches des digues là-bas qui ont créé des problèmes de canalisation, des inondations, une perte d’Arial, provoquant aussi de grands problèmes pour les fermiers des agricultures qui sont là. Donc,  maintenant nous sommes entrain de voir si on peut résoudre ces problèmes là avec votre gouvernement. Et le troisième projet qu’on a discuté,  c’était par rapport aux ponts, on parle d’un projet de bâtir,  de construire 5 ponts à Conakry pour vraiment améliorer l’accès à Conakry. Donc, ce sont des exemples d’une coopération que nous avons avec votre pays.

Alors on va revenir à la formation de Dakar forcement, quelles est la suite que vous donnez à cette formation ?  Est-ce que vous envisagez de former d’autres journalistes francophones ?  Pourquoi pas une visite à la Haye au Pays-Bas ?

« On vient de finaliser le cours d’aujourd’hui et il me ferait beaucoup de plaisir d’être capable d’annoncer qu’on peut inviter tous les journalistes à  la Haye vraiment pour poursuivre les cours là-bas, parce que je crois que c’est un élément très important dans la formation bien sûr,  mais on a aussi d’autres ambitions, comme vous l’avez dit cette fois ci,  c’est la première fois mais on veut répandre le cours dans les autres pays francophones en Afrique. Donc, on va présenter ce cours là en décembre à New York pendant l’Assemblée des Etats parti du statut de Rome et demander aux autres pays africains d’être des hôtes pour des cours pareilles et d’inviter aussi des bailleurs de fonds pour financer les cours comme ça, mais c’est pas seulement les pays francophones, il y aura aussi les pays anglophones. On va organiser un cours en anglais aussi et j’espère qu’on pourra l’organiser en 2018,  peut être en Gambie, un pays anglophone qui n’est pas très loin d’ici en première version en anglais.

 Alors votre pays est un grand promoteur des  droits de l’homme mais aussi de la justice, la Guinée a engagé des reformes dans le secteur de la justice, comment vous comptez accompagner la Guinée dans la reforme du secteur de la justice ?

« Bon,  jusqu’à maintenant on était plus dans le secteur de développement du secteur privé, donc, c’était la coopération développement, mais bien sûr  à l’Ambassade on a aussi des moyens limités pour assister les pays dans le domaine des droits de l’homme par exemple et la justice aussi ».

Est-ce que vous avez un mot à l’endroit des populations et des  autorités guinéennes ?

« Oui, le message c’est vraiment de leur dire que je suis là pour améliorer les bonnes relations et la coopération aussi et nous allons rester avec la population guinéenne pour qu’ils puissent avoir un bon avenir ».

Interview réalisée par l’équipe de la Guinée à cette formation et transcrit par Adama H.Diallo

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