Retour sur l’expérience difficile de Telly Diallo à la tête de l’OUA

A l’occasion de la fête de l’Union Africaine (UA), précédemment appelée l’organisation de l’Unité Africaine (OUA), notre rédaction, revient sur l’expérience du premier secrétaire Général, Boubacar  Diallo Telli à la tête de cette institution continentale.

Chaque 25 mai, le continent africain célèbre cette date pour rendre hommage aux grandes personnalités qui se sont toujours battus pour l’unité du peuple africain et son indépendance politique et économique.

Pour rappel l’OUA a été créée en 1963 par 32 pays membres dont son siège se trouve à Addis-Abeba en Ethiopie. Mais c’est en 2002 que cette organisation continentale sera substituée par l’Union Africaine (UA), dont plus de 50 pays sont désormais membres.

Malgré une compétence reconnue et le soutien de Hayley selassie l’empereur d’Ethiopie, l’accession et la gestion de l’OUA, n’ont pas été facile pour le guinéen Télli Diallo. Car il était souvent en contraction avec certains chefs d’Etats, qui jouissaient de leurs statuts pour influencer ses décisions. D’ailleurs, selon les rumeurs, le président de son pays, Sékou Touré serait même opposé à sa nomination au poste de Secrétaire Général de l’OUA. 

Par ailleurs, après son éviction, il a occupé le poste du ministre de la justice dans son pays avant de croupir dans la prison du fameux camp Boiro à cause dit-on, d’un complot contre le président Sekou Touré. C’est dans ce mythique camp qu’il mourra en 1977, après avoir été torturé par la milice du premier régime.

Pour en savoir plus, veuillez lire cet extrait de grioo.com.

« Boubacar Diallo à l’assaut de l’OUA

Quand l’Organisation de l’Unité Africaine est créée à Addis-Adeba, le nom de Diallo Telli s’impose comme celui de l’un des favoris au futur poste de Secrétaire Général de l’organisation.
Malheureusement pour lui, il doit faire face à l’opposition de son propre pays puisque Sékou Touré ne souhaitais pas voir quelqu’un de sa carrure devenir la personnification de la Guinée à l’étranger.
L’habilité de Telli, rompu aux discussions de coulisses, et le soutien de quelques personnalités, dont le Négus d’Ethiopie, Haïle Selassie, renforceront son caractère indiscutable, et Sékou Touré, à contre-coeur, devra s’incliner, et laisser Diallo Telli devenir le premier Secrétaire Général de l’OUA.

La fonction fut cependant bien plus difficile que ce que le prestigieux titre laissait penser. En effet, à côté du Secrétaire Général, élu pour 4 ans, est également élu un Président, parmi les présidents africains.
Et selon les ambitions dudit président, les choses peuvent se passer avec plus ou moins de bonheur.

Tous n’apprécieront pas forcément les prises d’initiative de Diallo Telli, qui se considéraient comme un « politique », là où de nombreux présidents le voyaient comme un « administratif » chargé de la bonne marche opérationnelle des choses, les présidents se chargeant des tâches plus nobles.

Il eut également la lourde responsabilité de mettre en place l’organisation, ce qui ne fut pas sans mal, de recruter du personnel qualifié, et aussi et surtout, d’insister lourdement auprès des états récalcitrants pour qu’ils soient à jour de leurs cotisations, les impayés ayant représenté jusqu’à 25% du budget qu’il avait déjà du mal à faire voter!

Toujours très motivé par la lutte contre l’apartheid, Diallo Telli mêlera l’OUA à de nombreux conflits, dont celui du Congo avec Lumumba, et la guerre d’indépendance du Biaffra au Nigéria.
Il sera très actif pour faire connaître l’organisation à l’étranger, et parviendra à une normalisation des relations avec l’ONU.

En 1968, sa réélection s’avérera extrêmement difficile, et encore une fois, le seul soutien qu’il obtiendra de la Guinée sera un soutien de pure façade.

En 1972, bien qu’il n’ait pas ménagé ses efforts, il ne parvient pas à se faire réélire au poste de Secrétaire Général de l’OUA. ».

Ibrahima Soya Bah 

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