Présidentielle en RDC: les recalés s’engagent dans la bataille judiciaire

La plupart des six candidats exclus de la présidentielle prévue en décembre en République démocratique du Congo, dont l’ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba, devaient saisir lundi la Cour constitutionnelle après l’invalidation de leur dossier par la commission électorale.

Les proches de M. Bemba, sénateur et ex-vice-président, ont indiqué dès samedi qu’il allait saisir la Cour, dont certains adversaires du président Joseph Kabila mettent en cause l’impartialité.

L’ex-Premier ministre Adolphe Muzito, qui se déclare démissionnaire du Parti lumumbiste unifié (Palu), a également annoncé son intention d’un recours devant les neuf juges constitutionnels dans le délai légal de 48 heures.

La commission électorale nationale et indépendante (Céni) a invalidé six dossiers sur 25 au total vendredi.

Lundi matin, des partisans d’un “lumumbiste” historique se sont rassemblés devant la Cour pour soutenir Antoine Gizenga, 92 ans, vice-Premier ministre au temps du héros national Patrice Lumumba à l’indépendance en 1960 – et, plus récemment, ancien Premier ministre de M. Kabila (2006-2008).

Lundi matin, une présence policière inhabituelle était visible dans l’enceinte de la Cour, a constaté une journaliste de l’AFP.

Ex-Premier ministre (entre novembre 2016 et avril 2017), Samy Badibanga veut également saisir la Cour constitutionnelle.

Sa candidature a été déclarée irrecevable pour “défaut de nationalité (congolaise) d’origine”.

Même motif et même recours pour la seule femme candidate, Marie Josée Ifoku Mputa, une ex-vice-gouverneur de province.

“Nous prendrons les dispositions légales requises devant la Cour constitutionnelle”, a indiqué samedi l’entourage du sixième candidat écarté, un inconnu, Jean-Paul Moka.

“Le verdict de la Cour constitutionnelle est connu d’avance”, s’est insurgé sur Twitter le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha).

Lucha cite le nom de deux juges que le mouvement estime proche du président Kabila.

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a défendu les choix de la commission électorale, accusée par l’opposition d’obéir aux “injonctions” du pouvoir pour écarter des candidats: “Il n’y a pas d’inclusivité en dehors de la Constitution, en dehors des normes légales”.

La commission électorale doit publier la liste définitive des candidats le 19 septembre, pour l’élection présidentielle prévue le 23 décembre avec les législatives et les provinciales.

Izf

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