Littérature : enfin Tierno Monenembo célébré à juste valeur dans son pays

Une fois n’est pas coutume, le célèbre écrivain guinéen Tierno Monenembo, auteur d’une dizaine d’œuvre dont ‘’les crapauds brousse’’ ou ‘’les écailles du ciel’’ se voit enfin de son vivant, célébré dans son pays natal.

C’est à travers l’évènement Conakry capitale mondiale du livre (CCML) à l’initiative de l’Association des Ecrivains de Guinée (AEG) que la journée Monenembo a été célébrée, ce vendredi 12 janvier 2018 à Conakry, sous la présence des grandes personnalités du pays et du monde intellectuel venues en grand nombre.

Tierno Monenembo est l’un des grands écrivains qui a vraiment marqué l’histoire de son époque à travers la qualité de sa plûme et une opposition farouche contre les régimes totalitaires en Afrique et en Guinée en particulier. C’est certainement ce qui lui a permis de bénéficier des distinctions honorifiques à l’international, dont le ‘’Grand prix littéraire Afrique noire’’, le prestigieux ‘’Prix Renaudot’’ ensuite le prix ‘’Amadou Kourouma’’ et enfin pour ne citer que ceux-ci, l’écrivain guinéen a récemment eu le ‘’Grand Prix de la Francophonie décerné par l’académie française.

Cette dernière récompense étant une preuve irréfutable qui prouve à suffisance la valeur et la qualité littéraire dans les œuvres de Monenembo, cela a été une inspiration pour l’AEG de  rendre enfin un hommage bien mérité à celui qui fait aujourd’hui la fierté de la Guinée partout dans le monde.

A l’occasion de cette journée, le président Lamine Kamara dira ceci : « nous célébrons aujourd’hui une reconnaissance universelle, un couronnement » de celui qu’on peut qualifier de « Prince de la plûme » en Guinée.

Pour le commissaire Conakry Capitale Mondiale du livre, Sansi Kaba Diakité, c’est normal de récompenser un homme aussi vaillant que Tierno Monenembo. Car selon lui, « l’année du livre en Guinée est une occasion de célébrer  les grands hommes qui ont accepté de travailler pour le pays ». C’est dans cette optique que M. Diakité dira que Camara Laye sera célébré aussi dans quelques jours.

Quant à M. Monenembo, il n’a pas caché sa joie d’être enfin reconnu à juste valeur par ses compatriotes. Pour lui cette reconnaissance lui vaut tous les prix obtenus à l’étranger.

« Le présent prix m’honore et me réjouit, parce qu’enfin je suis solennellement reconnu par les miens ceux avec lesquels je partage toute la terre natale et le sang, les horreurs du passé et les belles promesses de l’avenir », dit-il.

A noter que Tierno a été l’un des écrivains les plus critiques du premier régime qui s’était exilé à l’étranger depuis l’âge de 22ans où il a pratiquement passé toute sa vie.

Cependant, Monenembo, a déploré le fait qu’aucune école ne porte le nom d’un écrivain guinéen pendant que dans les autres pays comme le Burkina Faso, il y a un Lycée qui s’appelle Camara Laye. Il souhaite que les écoles, les universités ou les stades portent le nom des grands hommes qui ont marqué l’histoire du pays.

Cette journée de célébration de l’auteur a été marquée aussi par la lecture d’un extrait d’une de ses œuvres ainsi que la dédicace de ses livres et une prestation artistique de André Flamy, ‘’maitre des mots’’ et la chanteuse à la voie d’or des « 72 heures du livre », Johanna Barry.

Nota : voici les principales œuvres littéraires de notre compatriote

‘’Les crapauds brousse’’ en 1979 ; ‘’Les écailles du ciel’’ en 1986 ; ‘’Un rêve inutile’’ en 1991 ; ‘’L’ainé des orphelins’’ en 2000 ; ‘’Peulh’’ en 2004 ; ‘’La tribu des gonzesses’’ en 2006 ; ‘’Le roi du kahel’’ en 2008 ; ‘’Le terrorisme noir’’ en 2012 ; ‘’Les corps cubains chantent à minuit’’ en 2015 ; ‘’Bled’’ en 2016.

Ibrahima Soya Bah pour Vision2000Communication

 

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