La ministre Mariama Sylla lance le projet d’appui à l’entrepreneuriat et à l’autonomisation de la femme (Interview)

A l’occasion du 8 mars, fête internationale de la Femme, notre Rédaction a rencontré la ministre de l’Action, Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance, Hadja Mariama Sylla pour parler de cette journée.

Arrivée à ce poste le 23 août 2017 après Madame Sanaba Kaba, Madame Diaby Mariama Sylla se bat corps et âme pour répondre aux besoins de la femme guinéenne. Secrétaire Générale de ce ministère depuis plusieurs années, l’on peut dire sans risque de se tromper que cette grande Dame connaît tous les rouages de ce ministère. Lisez l’intégralité de cet entretien qu’elle a bien voulu nous accorder.

 

RIG- Bonjour madame le ministre ! S’il vous plait, veuillez vous présenter à nos nombreux lecteurs.

 

Madame le ministre : Je suis Diaby Mariam Sylla, ministre de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance. J’ai été nommée à ce poste le 23 août 2017 et je profite de l’occasion pour saluer celle qui m’a précédée, madame Sanaba kaba dont j’étais sa Secrétaire Générale pendant tout le temps qu’elle a passé à la tête de ce ministère.

 

L’humanité célèbre le 8 mars, la journée internationale de la femme. Vous, entant que ministre de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et entant que femme,  quel est le sentiment qui vous anime ?

Avant de parler de sentiment, je voudrais peut être faire un petit rappel. Le 8 mars, c’est une journée consacrée à la femme par les Nations-Unies depuis 1977. Cette journée donne l’opportunité aux Etats mais aussi, aux femmes qui en sont les bénéficiaires, de venir parler de leurs préoccupations devant l’Etat. Et c’est à l’Etat de s’acquitter de son rôle de recevabilité face aux engagements qu’il a pris au niveau international et celui africain, qui sont matérialisés dans les différentes constitutions.

Donc, en tant que femme, j’ai un sentiment de joie, c’est tout un bonheur que l’Etat m’offre l’opportunité de m’exprimer par rapport aux problèmes qui m’assaillent et que lui-même nous dise, voici ce que j’ai pu faire pendant ce temps-là.

Parlons des thèmes retenus pour cette année sur le plan national et celui international ?

Comme je l’ai dit,  chaque année, le Conseil Economique et Social (CES) des Nations-Unies, en collaboration avec la commission des Nations sur la condition de la femme définissent un thème en lien avec les agendas internationaux. Depuis un certain temps, nous sommes avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) mais bien avant, il a fallu qu’on tienne d’abord la grande conférence de Beijing en 1995. Depuis cette date, chaque année donc, ces organismes des Nations-Unies définissent un thème. Le thème retenu cette année, c’est : «  Les systèmes de protection sociale, l’accès au service public et les infrastructures durables au service de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles ».

 Alors, cela  rejoint tout simplement l’objectif 5 des objectifs de  Développement Durable, c’est le thème international. Et l’autre thème qui est considéré comme un thème autour duquel nous allons débattre des questions, est axé sur l’autonomisation des femmes et toujours en lien avec les ODD. On ne sort pas de cela depuis 2015. C’est le thème qui revient sous une autre forme. En tout cas l’humanité a compris que pour réaliser effectivement les objectifs de développement durable, il faudrait que nous intégrions l’objectif numéro 5 qui est un objectif transversal aux 16 autres objectifs. Parce que les ODD sont au nombre de 17. Au niveau national, nous l’avons contextualisé. On a réfléchi, lorsqu’on parle de systèmes de protections sociales, parce qu’en fait, le 08 mars se célèbre au moment où nous sommes en train de rendre compte de ce qui a  été fait de 2010 à nos jours. C’est-à-dire, sous le magistère du Président de la République, Pr. Alpha Condé. Alors, on a dit : « Autonomisation de la  femme et de la fille guinéenne : bilan de 2010 à nos jours ». C’est le thème national que nous avons retenu bien sûr, en collaboration avec les organisations de femmes et les partenaires qui nous accompagnent.

Au niveau national, qu’est ce qui est prévu par votre département pour magnifier la femme guinéenne ce 8 mars ?

Comme il s’agit de rendre compte, nous avons réfléchi à des commissions. Il est question de faire un rapport pour présenter un bilan et on va le faire.

Madame le ministre, quelle est la nouveauté du 8 mars cette année ?

La nouveauté n’est autre que de faire le lancement d’un projet d’appui à l’entrepreneuriat et à l’autonomisation de la femme qui est dans notre portefeuille et soutenu par le PNUD et qui est aussi regardé d’un certain œil d’intérêt de la Banque Islamique de Développement.  Alors, ce programme s’intègre donc au programme national de développement social et comme c’est une initiative présidentielle, nous souhaitons que ce jour-là, il soit lancé. Parce que c’est une innovation dans sa phase pilote que nous puissions identifier 10 organisations féminines de jeunes, plus 5 centres de promotion et d’autonomisation des femmes qui constituent un pilier des initiatives présidentielles qui concourent à l’autonomisation de la femme. Voici ce qui est important dans la célébration de ce 08 mars et actuellement, il y a une mission soutenue par le PNUD qui est entrain de parcourir le pays pour identifier ces organisations afin de tenir une fiche de renseignements sur elles.

D’autres priorités, ce sont les questions de paix. Alors, nous voulons implorer la grâce de Dieu dans les mosquées surtout au niveau de la mosquée FaÏçal, là où il y a  des femmes qui savent lire le coran pour implorer la miséricorde de Dieu. Mais, il y’aura aussi des prières là où nous travaillons.

Au jour d’aujourd’hui,  à quel niveau se situent les préparatifs de cette célébration ?

Nous sommes tenues par le calendrier des Nations-Unies pour que nous puissions commencer le travail. il faut que nous recevons des aides, nous avons reçu le thème et nous avons réfléchi sur le plan national. Aujourd’hui, nous sommes dans les préparatifs. Nous avons depuis un certain moment commencé des campagnes de sensibilisation dans les 5 cinq communes de Conakry et bien sûr, nous allons passer aussi dans les universités. Parce qu’on parle des filles. La fille d’aujourd’hui sera la femme de demain. Avec le gouvernement, nous sommes en train de sillonner Conakry pour sensibiliser les femmes pour qu’elles comprennent que le 8 mars, c’est la femme qui est célébrée, la femme dans toute sa dimension,  que ça soit social, économique , politique , culturel, c’est la femme tout simplement. C’est notre pays pour la première fois qui a désigné une femme pour présider le Conseil de Sécurité des Nations-Unies (Ndlr Madame feue Jeanne Martin Cissé), c’est une fierté. Donc et mieux si c’est une journée pour les autres, le président nous demande de prendre tout un mois pour célébrer et parler de nos problèmes et on en fait une opportunité pour créer la croissance, créer de l’emploi à travers les teinturières. Nous avons les centres d’autonomisation qui font des uniformes qui sont achetées, qui font des affaires et créaient des emplois. Ça aussi c’est quelque chose à saluer. Donc, nous sommes à ce niveau et comme je l’ai dit tantôt, au niveau des commissions et sous commissions,  nous travaillons déjà sur les rapports et nous avons saisi tous les départements concernés, les points focaux et les bureaux de stratégies qui sont déjà à pied d’œuvre pour fournir vraiment des informations par rapport au document que nous allons présenter aux Nations-Unies.

Quelles sont les dispositions prises pour la réussite de la célébration du 8 mars ?

C’est l’implication des femmes tout simplement. Nous avons besoin des femmes dans tous les secteurs, de la base au sommet. Nous sommes avec les femmes du marché, des groupements, des entrepreneurs, les réseaux, les coopératives, nous sommes avec les femmes y compris les femmes leaders. Donc, que chacune d’entre elles se sente intéressée,  se rende compte que c’est sa journée. C’est ça les dispositifs que nous sommes en train de prendre pour que la fête soit belle.

Madame le ministre, quel message avez-vous à lancer à l’endroit des femmes du monde en général et celles de la Guinée en particulier ?

Femmes du monde, femmes d’Afrique, femmes de Guinée, levons nous pour réclamer nos droits, levons nous,  il y va de l’existence même de humanité. Si nos droits ne sont pas reconnus, si nous restons toujours dans cette précarité, il va s’en dire que le monde ne pourra jamais réaliser l’objectif qu’il s’est fixé. Nous parlons d’agenda international avec les ODD mais en Afrique, nous avons l’agenda 20-63, il faut que la femme comme on l’a toujours été, soyons artisans de la paix. Donc, je voudrais par anticipation dire bonne fête à toutes les femmes  du monde, de l’Afrique et de la Guinée.

Merci Excellence madame le ministre d’avoir répondu à nos questions et bonne fête à vous.

                                                     Interview réalisée par Hawa Diallo

 

 

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