Droits de l’homme: Amnesty International lance officiellement à Conakry son rapport 2017-2018

« Tout au long de l’année 2017, de très nombreuses personnes qui vivaient déjà dans la pauvreté et l’insécurité ont vu leur situation aggravée par les conflits, les mesures d’austérité et les catastrophes naturelles, des millions de gens ont été forcés de fuir et de chercher refuge ailleurs dans leur propre pays ou à l’étranger, la discrimination est restée monnaie courante dans toutes les régions du monde, avec dans certains cas des conséquences mortelles pour les victimes. Des gouvernements de toutes les tendances politiques ont continué de réprimer les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion, notamment en menaçant et en attaquant des journalistes, des défenseurs des droits humains et des militants écologistes ».  C’est du moins ce qui ressort de la situation des droits de l’homme dans le monde retracés dans le rapport 2017-2018.

Ce rapport, composé de 486 pages couvre 159 pays et territoires à travers le monde. Il a été officiellement lancé ce jeudi 22 février 2018 à Conakry par le coordinateur d’Amnesty International Guinée, Thierno Souleymane Sow, accompagné du chargé de programme de la même institution.

Le rapport d’Amnesty International indique que dans les régions d’Afrique de l’Ouest et Centrale, l’année 2017 a été marquée par des homicides et des passages à tabac de manifestants pacifiques, des actes de torture infligés à des détenus et un recours excessifs à la force, ainsi que par des attaques concertées visant des opposants politiques, des défenseurs des droits humains et des organisations de la société civile.

Pour le cas de la Guinée, ce rapport stipule que des journalistes, des défenseurs des droits humains et d’autres personnes qui s’étaient exprimées contre le gouvernement ont été roués de coups et détenus arbitrairement. Il précise qu’Au moins 20 personnes ont été arrêtées pour avoir simplement exercé leur droit à la liberté d’expression et 20 autres ont été victimes de violences policières. Qu’au moins 18 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées pendant des manifestations. En février, ce même rapport parle de sept personnes tuées à Conakry, lors des manifestations liées à une grève contre la décision des autorités de revoir les conditions d’emploi des enseignants et de fermer des écoles… ».

D’autre part, le rapport a estimé que des progrès ont été réalisés dans l’affaire du massacre commis au stade de Conakry en Septembre 2009, lors duquel plus de 150 manifestants non violents avaient été tué et au moins 100 femmes violées. Tout en précisant qu’aucun des auteurs présumés n’avait été traduit en justice à la fin de l’année 2017.

Par ailleurs, il a  montré que les procédures judiciaires engagées contre les membres des forces de sécurité pour les violations des droits humains commises lors de manifestations organisées entre 2011 et 2007 et à Zogota en 2012 et à Womey en 2014 n’ont pas progressé. Il a également rappelé que les droits en matière de logement ont été violés (En Aout, au moins 10 personnes, dont au moins 2 enfants, ont été tuées dans l’éboulement d’une décharge à Dar-es-Salam, un quartier de Conakry).

Hawa Diallo

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