Décès d’Arafat : « Il avait autour de lui des gens irresponsables », déclare A’Salfo du mythique groupe Magic System

La brutale disparition de Dj Arafat continue de susciter des réactions des figures du monde du showbiz qui l’ont côtoyé. La dernière en date est celle d’A’Salfo du mythique groupe Magic System, de Claudy Siarr et Moussa Soumbounou, Directeur général de Universal Music Group. Interrogés tout à tour sur Rfi, le mercredi 14 août 2019, soit deux jours après la mort du Pape du coupé-décalé, ils ne tarissent pas d’éloges sur lui.

Tout en reconnaissant son génie créateur, l’Ivoirien Traoré Salif alias A’Salfo, déplore qu’il se soit entouré de personnes qui n’ont pas eu l’intelligence de lui éviter le drame dont il a été victime. « Aujourd’hui, une chose est de reconnaître que c’est une grosse perte, même s’il faut tirer aussi les enseignements de cette perte-là, parce que je lui ai dit, de son vivant, que ceux qui t’entourent doivent être ceux-là qui doivent donner un coup de pouce à ta carrière.

Mais si tu as autour de toi, des gens irresponsables qui ne peuvent pas pendre la mesure de ce qui est bon ou ce qui n’est pas bon, c’est sûr que ça va te mener à la perte », a dénoncé le leader de Magic System. Avant de lancer ces mots à relent d’accusation : « Ils l’ont poussé à ça jusqu’à la dernière minute, à le mettre sur une moto sans casque. ».

Pour autant, A’Salfo admet que le défunt reste une icône de la musique ivoirienne. « DJ Arafat avait quelque chose que les autres n’avaient pas. (.) il avait ses excès, il était dans la démesure. Il a su captiver les gens avec ça. Aujourd’hui quand on dit DJ Arafat, ce ne sont pas seulement les jeunes qui ont pleuré, même les personnes âgées dans les villages, les enfants. Il était dans tous les foyers. Il était dans la mémoire collective de tous les Ivoiriens. Il était devenu comme un patrimoine », témoigne-t-il.

Le célèbre animateur français, Claudy Siarr, a lui aussi une opinion favorable de Dj Arafat. « Dans une Afrique où beaucoup de jeunes rêvent d’une émancipation réelle, voilà un artiste qui s’était émancipé de tous les codes de l’industrie du disque, de tous les codes de la création, parce qu’il ne s’interdisait rien, et c’est bien de ce cela dont on a besoin », soutient-il, parlant de celui que ses fans appelaient le Daishinkan.

De l’artiste, Claudy Siarr ajoute qu’il connaissait bien les ficelles de son métier, d’où le succès qu’il a connu : « C’était quelqu’un qui avait l’intelligence de ce métier. Il avait compris comment ça fonctionnait, sinon des millions de gens aujourd’hui à travers le monde ne seraient pas en deuil ». Une opinion du reste partagée par Moussa Soumbounou, Directeur général de Universal Music Group.

« Arafat est un phénomène », lâche-t-il, avant d’ajouter : « Il irradiait de lumière, c’était un artiste puissant (…) C’est un créateur. Il excelle dans le coupé-décalé. Il a une musicalité incroyable ».

Pour l’avoir eu dans son écurie, Soumbounou ne tarit pas d’éloge sur l’artiste : « Il a une grande force de caractère, une grande confiance en lui ; Il ne pouvait être que le patron du coupé-décalé. Même l’un des grands patrons de la musique africaine tout court ». Puis de conclure : « C’est le 3e artiste le plus influent du continent, après les Nigérians Tiwa Savage et Wizkid il me semble. Il est le premier francophone ».

Lebanco.net

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