Conakry : les recommandations issues de la 2ème édition du Forum International sur les Finances Publiques

La deuxième édition du Forum International sur les Finances Publiques organisée à Conakry du 9 au 11 novembre 2017 par le ministère du Budget a permis de faire des recommandations afin de redorer le blason.

C’est dans cette perspective que les participants nationaux et experts étrangers ont proposé  des pistes de solutions pour permettre au gouvernement guinéen d’atteindre son objectif global de l’amélioration de l’efficacité des politiques publiques et la transparence budgétaire.

Au cours de ces trois jours d’échanges, le forum portant sur le thème central « efficacité des politiques publiques et transparence budgétaire », a été développé sur trois grands axes  notamment sur la réforme des finances publiques et économie réelle, la politique publique de lutte contre la pauvreté et le budget citoyen et transparence budgétaire.

Ainsi, les participants sont parvenus aux recommandations stratégiques et opérationnelles, dont voici l’essentiel.

La définition des politiques publiques claires et efficaces portant sur une base solide et scientifique ; la poursuite du renforcement du cadre légal et réglementaire en matière de gestion  des finances publiques ; la mise en place d’un bureau dédié à la conception et la réalisation des études de faisabilité des projets d’investissement bancables ; le renforcement de la politique d’éducation en mettant l’accent sur l’accouplement entre l’offres de formation, surtout professionnelle et les besoins du secteur privé en termes d’emploi.

En ce qui concerne le niveau opérationnel, plusieurs points ont été retenus dont le renforcement de la communication sur le budget de l’Etat auprès de tous les acteurs socio-économiques du pays ; l’application rigoureuse des dispositions du cadre légal et réglementaire en matière de lutte contre la corruption et des sanctions des délits financiers. Enfin, impliquer la société civile notamment, les femmes dans la conception et le suivi du budget.

Au regard de tout ce qui a été évoqué au cours du forum, le ministre du Budget, Mohamed Lamine Doumbouya, s’est beaucoup réjoui de la réussite de cette 2ème édition. Il a remercié les participants pour avoir contribué à élargir la lettre de mission de son département à travers les recommandations adoptées à l’unanimité. Le ministre a surtout promis que ces propositions de solutions seront prises en compte par le gouvernement guinéen.

“S’agissant des politiques budgétaires,  les départements financiers se sont inscrits dans un chainon vertueux d’évaluation régulière du plan de réforme qui aboutira dans les meilleurs délais à l’actualisation du programme….”, a-t-il souligné.

Au-delà des recommandations, les trois jours du forum ont également permis aux participants d’étaler les insuffisances liées à l’efficacité des politiques publiques et la transparence budgétaire qui sont entre autres: les difficultés relatives à la définition d’une politique publique claires et efficaces ; la mauvaise qualité des données statistiques utilisées dans les projections et les difficultés de leur mise à jour ; le manque de mécanisme d’évaluation d’impacts des politiques publiques et enfin, l’impunité dans la gestion des finances publiques.

Malgré ces nombreux obstacles, le Ministre du Budget, reste convaincu que l’Etat guinéen peut atteindre l’objectif fixé vers une Guinée émergente à l’horizon 2035.

Pour lui, on peut éradiquer la pauvreté en moins d’une génération, « l’impossible n’est pas guinéen » conclura-t-il.

Notons que cette 2ème édition a enregistré la participation active de plus de 300 personnes venues d’horizons divers avec l’intervention des experts de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International.

 

Les participants sortent de ce forum satisfaits. Nous avons interrogé quelques uns.

La Ministre guinéenne de l’Economie et des Finances,  Maladho Kaba : ‘’ il y a d’énormes défis à relever pour que les réformes engagées puissent impacter positivement sur les conditions de vie des citoyens’’.  C’est dans cette logique qu’elle affirmera que l’Etat guinéen a déjà entamé un processus de remboursement des dettes antérieures des PME locales. Pour elle, C’est important, car cela permet aux entreprises de rembourser les crédits et d’injecter aussi des liquidités dans le circuit économique. Dans son speech, elle a souligné l’importance de soutenir les investisseurs nationaux sans pour autant occulter l’apport gigantesque de ceux étrangers.

Quant au sociologue guinéen le Professeur Bano Barry: ‘’la Guinée peut éradiquer la  pauvreté en dix ans, à condition qu’elle mette un  accent particulier sur la pertinence des politiques publiques, avec une vision très claires’’.

Vivement la troisième édition!

Ibrahima ”Soya” Bah Africa Tribune

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