Biankouma : Une statut de plus de 6 mètres de haut pour immortaliser Samory Touré à Guélémou

Les populations locales autochtones Yacouba ont décidé d’immortaliser Somory Touré. A l’entrée du village de Guelemou, à  l’endroit où Samory Touré  a été capturé en 1898, une statue de lui, haute de 6,60 mètres  et 1,60mètre de largeur est en construction. Juste à  côté, une belle petite case coiffée de chaume vient d’être bâtie. Celle-ci symbolise sa demeure. Le tout, pour formellement marquer et rappeler aux différents visiteurs un pan  de l’histoire du passage de Samory Touré à Guelemou. Les travaux de construction de cette statue géante ont débuté en septembre 2018 et se poursuivent.  A l’origine, une initiative du patriarche Dely Gué Albert, chef du village.  « Si, nos grands-parents n’ont pu conserver la plupart des objets ramassés sur le  site où  Samory Touré a été capturé, s’ils n’ont pu également garder des photographies des installations, des personnages clés qui entouraient Samory Touré, et enfin, si nos parents n’ont pu sauver la photographie de notre arrière-grand-mère, la vieille “Goh-Pouhouleh, il incombe à nous les enfants, la lourde responsabilité de rappeler aux visiteurs de demain, le passage de Samory Touré à Guelemou. C’est ce que j’ai décidé de faire », confie -t-il avec ferme conviction.
 En fait, il convient de rappeler que c’est à Guelemou que Samory Touré, figure emblématique de la résistance africaine à la colonisation française,  a été arrêté par une colonne de l’armée du pays du même nom  en s’introduisant par effraction dans son camp, le 28 septembre 1898, au petit matin. Samory Touré sera ensuite déporté à N’djole, au Gabon où, il décède emprisonné en 1900. Septembre 1898- septembre 2019, cela fait donc plus d’un siècle que Samory a disparu. Que  reste- t- il encore de lui à Guelemou ? Une localité dont  on  ne parle presque plus. Même pas dans les ouvrages scolaires. Et pourtant! Dans cette localité, s’est écrite une page importante de l’histoire de la colonisation en Afrique occidentale française   à la fin du 19e siècle.  Des vestiges ? Presque plus rien ne reste à Guelemou. La  case d’habitation de Samory Touré en ruine a été détruite. L’énorme arbre (iroko) sous lequel il aimait se  prélasser dans un hamac après ses randonnées a été abattu. La souche a  été emportée par un marabout sénégalais en 1973. Avec la promesse de revenir construire en lieu et place une belle et modeste mosquée. La vieille Goh-Pouhouleh qui a vécu dans le cercle familial restreint Du grand guerrier et recueillie par le village après la capture de celui-ci, a tiré sa révérence le 22juillet 1975. Elle aura vécu plus de 100 ans, adulée par la population, les enfants et les touristes  pour la sagesse, la morale et la beauté de ses contes et histoires sur  Samory et la période coloniale. Aujourd’hui, seules la stèle et les bâtiments de l’école primaire publique du village bâtis à  l’endroit où Samory Touré  a été pris, rappellent encore vaguement cette période. Un peu plus loin, dans la plus vieille case sacrée du village, est  caché l’un des sabres de l’illustre conquérant.  L’on y trouve aussi le patriarche Dely Gué Albert, le  chef du village de Guelemou , arrière- petit-fils de la vieille Goh-Pouhouleh.  Un chef considéré comme la dernière mémoire vivante de Guelemou.
Avec lebanco.net

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