2 Octobre : les visages d’une indépendance
Chaque 2 octobre, la Guinée se souvient. Du « Non » de 1958 à la proclamation de l’indépendance sous Ahmed Sékou Touré, jusqu’aux transitions et aux régimes qui se sont succédé, le pays a connu bien des célébrations du 2 octobre, chacune avec son style, ses discours et sa manière de raconter l’histoire nationale.
Sous Ahmed Sékou Touré, le 28 septembre 1958 occupait une place centrale dans le récit national, autour du « Non » au référendum. Avec Lansana Conté, le 2 octobre a retrouvé une place centrale dans les cérémonies officielles, notamment autour de la Place des Martyrs.
En 2009, Moussa Dadis Camara célèbre l’indépendance dans un contexte particulièrement tendu, quelques jours seulement après les événements du 28 septembre. Les festivités sont marquées par le défilé des forces de défense et de sécurité dans les rues de Conakry.
En 2010, le général Sékouba Konaté célèbre le 52e anniversaire en pleine transition. Son message est notamment placé sous le signe de la réconciliation nationale, dans un pays encore marqué par les événements de septembre 2009.
Avec Alpha Condé, les festivités prennent une dimension nationale à travers différentes initiatives organisées à l’intérieur du pays. Le 60e anniversaire, en 2018, est notamment marqué par une importante cérémonie au Stade du 28-Septembre, avec un défilé civil et militaire et plusieurs prestations culturelles.
Cette année, pour le 68e anniversaire, le format évolue. Sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya, le 2 octobre s’inscrit dans une Semaine de l’indépendance organisée autour du thème : « S’inspirer du passé pour construire ensemble l’avenir : NOTRE JEUNESSE ».
Lancée le 25 septembre au lac Gbassikolo, dans la commune de Kaloum, cette semaine rassemble plusieurs activités : inaugurations, débats, ateliers de formation, activités culturelles, jeux et rencontres autour de la mémoire nationale.
Elle est également marquée par plusieurs réalisations. Des infrastructures ont été inaugurées dans différentes préfectures et régions, ainsi que dans plusieurs quartiers de Conakry. Le Parc Citoyen de Conakry, vaste complexe de loisirs et de sport de 13 hectares situé à proximité du pont du 8-Novembre, a également été officiellement inauguré le 30 septembre 2026.
Quelques jours après le discours du chef de l’État à la 81e Assemblée générale des Nations unies, où il a présenté sa vision de transformation du pays et le programme Simandou 2040, plusieurs projets annoncés ou mis en avant sont ainsi passés à l’étape des réalisations.
La culture et le patrimoine occupent également une place importante. Le Musée national s’est notamment offert une nouvelle peau, donnant un autre visage aux espaces consacrés à la mémoire du pays.
À Conakry, des sages et des personnes ressources échangent par ailleurs avec les jeunes sur le parcours de la Guinée et les enseignements que les nouvelles générations peuvent en tirer.
Au fond, chaque époque a eu sa manière de marquer le 2 octobre. Mais derrière les cérémonies et les discours demeure une même question : que voulons-nous transmettre aux générations qui viennent ?
Le choix de placer la jeunesse au cœur de cette édition remet la mémoire au premier plan. Se projeter vers l’avenir suppose aussi de connaître son passé, de comprendre ce que les générations précédentes ont vécu et de mesurer le chemin parcouru depuis le 2 octobre 1958.
Pour la Guinée, cette transmission demeure essentielle. Le 2 octobre peut ainsi être un moment de mémoire, de dialogue entre les générations et de réflexion sur l’avenir du pays.
Les visages du 2 octobre ont changé au fil des années. Mais l’histoire reste un héritage commun à connaître, à comprendre et à transmettre.
Par Ibrahima Koné

