À 79 ans, la légende Bras Cassé refuse l’oubli : Un appel au Président de la République
Il y a des parcours qui forcent le respect. Après avoir passé 14 ans en Europe, là où beaucoup cherchent à construire un confort personnel définitif, l’artiste compositeur, Abdoulaye Sawpith Camara communément appelé « Bras Cassé » a fait le choix du retour. Ce n’était pas un retour par dépit, mais un acte de foi envers la culture de son pays. En rentrant en Guinée pour valoriser nos rythmes et nos traditions, il a sacrifié la sécurité financière de l’occident pour l’amour du terroir.
En 2022, aux côtés de l’immense Binta Laly Sow, Bras Cassé a été élevé au rang de dignitaire de l’ordre national du mérite. Si ce titre de chancellerie est une reconnaissance symbolique de premier ordre, l’artiste souligne aujourd’hui une réalité brutale : « la gloire ne protège pas du besoin ».
À 79 ans, le temps de la scène et des tournées s’efface devant celui de la fatigue et des besoins de santé. L’appel lancé au Président Mamadi Doumbouya n’est pas une demande d’aumône, mais un plaidoyer pour la dignité de l’artiste. Dans son message, il souhaite bénéficier d’un accompagnement à l’image de certains de ses pairs qui ont reçu le soutien des autorités pour stabiliser leur fin de vie. Aussi, passer du statut de Trésor humain vivant à celui de citoyen bénéficiant d’une retraite décente et d’un cadre de vie serein.
> « J’ai tout laissé pour la Guinée. Aujourd’hui, je demande simplement que mon pays ne m’oublie pas à l’heure où mes forces déclinent » a-t-il dit.
Soutenir Bras Cassé, c’est envoyer un signal fort à la nouvelle génération d’artistes. C’est leur dire que l’engagement pour la culture nationale n’est pas un chemin vers l’oubli. En épaulant cet artiste de 79 ans, les autorités ne font pas que l’aider lui ; elles honorent la mémoire collective de la Guinée.
L’histoire de Bras Cassé nous rappelle que si les chansons sont éternelles, ceux qui les créent sont mortels et fragiles. Il est encore temps d’offrir à ce doyen une vie meilleure, à la hauteur du patrimoine qu’il nous a légué.

